Se prémunir de la redoutable escroquerie « au président »

Prenez contact avec Laurence Dumas

Les cas d’escroqueries aux faux ordres de virement (escroquerie « au président ») se multiplient, et laissent sans recours les entreprises, sauf faute évidente de la banque, rarement retenue en pratique.

Le mode opératoire des escrocs est bien rôdé : le fraudeur contacte généralement le service comptable, en se faisant passer pour le président de la société-mère. Le contact se fait par courriel ou par téléphone, via le standard. Après quelques échanges destinés à instaurer la confiance, le fraudeur demande que soit réalisé un virement international urgent et confidentiel. Le comptable exécute alors l’opération.

Il existe des variantes, notamment la fraude au « changement de RIB » ou « fraude au fournisseur », consistant pour les escrocs à s’adresser au service de comptable de l’entreprise en se faisant passer pour un fournisseur et en demandant le paiement de factures sur un compte bancaire autre que le compte habituel ; également la « fraude au faux technicien » : par laquelle l’escroc se fait passer pour un technicien informatique annonçant une opération de maintenance ou un incident sur l’outil informatique de paiement. Il prend alors la main sur l’informatique et effectue les virements frauduleux.

Des procédures doivent impérativement être mises en œuvre en interne afin de déceler en amont ce type d’escroquerie qui peut avoir des conséquences dramatiques pour l’entreprise.

Tout d’abord, il convient de former à intervalles réguliers l’ensemble des collaborateurs sur ce type de risque et de les alerter sur l’importance de maintenir la confidentialité de l’organisation et du fonctionnement de l’entreprise.

Il est également nécessaire d’instaurer des procédures de vérification et de signatures multiples pour les paiements internationaux et d’assurer un niveau optimum de sécurité informatique.

La vigilance sera accentuée sur les périodes de congés scolaires, les jours fériés, les vendredis soir et les week-ends.

Au moindre doute, les salariés devront en référer immédiatement à la hiérarchie, selon une procédure documentée par écrit et largement diffusée.

En cas d’escroquerie avérée, il est impératif d’identifier immédiatement les virements exécutés et en cours et de bloquer tous les paiements. Un dépôt de plainte rapide permettra d’optimiser les chances de récupérer les fonds.

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